The Zumbies – Les 4 reliques du Rock’n’Roll

Dessins : Julien SOLÉ – Textes : Arnaud LE GOUËFFLEC

Allez, je vais tenter une accroche racoleuse (« putaclic » diraient les Youtubeurs) : Et si The Zumbies étaient les Motörhead de la BD Rock ?

Non, parce que y’a quand même un gros point commun : Les années passent mais à chaque nouvel album, on n’est pas surpris et on n’est pas déçus. Avec ce tome 3 narrant les nouvelles aventures glauques et sanguinolentes des 4 membres du groupe de Rock le plus gore en activité, on retrouve ce qui fait le piment des précédents opus. Ça charcle et ça gicle à longueur de planche, tout en explorant les tréfonds les plus pestilentiels des clichés du Rock et des films d’horreur de série Z. Sans temps mort, juste quelques légères baisses de tempo pour reposer le lecteur avant de relancer la machine. L’objectif n’est pas de développer une intrigue complexe ou sinueuse mais d’aller droit au but avec un postulat simple et efficace. Deborah, Johnny, Hank et Dee-Dee doivent chacun retrouver l’une des 4 reliques du Rock’n’Roll, dispersées dans diverses contrées reculées des States, afin de sauver la planète. Car celle-ci se porte très mal, dévastée par le conflit qui oppose « chrétiens hystériques et thuriféraires du Rock’n’Roll ».

On n’a aucun doute sur la réussite de l’entreprise, car The Zumbies sont… increvables et entièrement dévoués à la cause sacrée du Binaire Primaire. La fin complètement délirante et absurde et l’épilogue mégalo restent dans le même registre, foutraque et décalé jusqu’au bout. Au passage, les héros auront côtoyé quelques personnages haut en couleurs, tels qu’un gorille rose, une rombière nymphomane ou un mexicain fan de fromages affinés. On vous aura prévenus !

Voilà, c’est sobre et de mauvais goût. Comme le dit le sorcier vaudou croisé par Dee-Dee : « c’est ça qu’est bien avec les zombies : ils sont complètement cons » ; et c’est ce qu’on adore à chaque fois : savourer l’humour noir, totalement premier degré et le foisonnement de clins d’œil à l’imagerie et à l’histoire du Rock. Et s’en mettre plein les mirettes avec les dessins flamboyants de Julien Solé, comme on s’en mettrait plein les esgourdes avec les titres de Motörhead (j’ai de la suite dans les idées).

A noter tout de même qu’il y a eu un changement de line-up puisqu’Arnaud Le Gouëfflec a succédé à Yan Lindingre au scénario et aux dialogues, sans que cela change l’esprit de la franchise. Le cahier des charges est parfaitement respecté et le dosage de ce cocktail de Sex (eh ouais, y’en a), drug (juste ce qu’y faut) et rock’n’roll, fonctionne toujours aussi bien.

Pour être complet, il faut préciser que les coupables ont décidé d’aller plus loin dans le délire en donnant vie (si l’on peut dire) à la musique crypto-rock des Zumbies. Une campagne de crowfunding rondement menée a permis de financer la création d’un 45 tours, « La place du mort » (ben voyons), interprétée, entre autres, par les auteurs. La boucle est bouclée. Désormais, il ne reste plus qu’à retourner sous terre (au frais !) en attendant le tome 4.