Les Blattes


Dessins : GAËL – Textes : MO/CDM


Évidemment, avec un groupe affublé d’un tel patronyme, on ne peut s’empêcher de penser à une autre célèbre bande d’invertébrés, originaires de Liverpool. L’allusion est savoureuse d’autant que si les Scarabées étaient brillants et géniaux, leurs quasi-homonymes sont eux obscurs et laborieux. Les uns se sont envolés vers les cimes de la notoriété tandis que les autres rampent dans les bas-fonds de l’anonymat.

Ce n’est pas tant leur talent ni leur musique qui est en cause. On ne peut d’ailleurs rien en dire car jamais on ne voit les Blattes jouer la moindre note de musique. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer mais à chaque fois, un imprévu (souvent sous forme d’un ou plusieurs individus imperméables à l’art) leur coupe le sifflet avant même le premier accord.Vu leur allure, cheveux longs, jeans et débardeurs noirs, nous avons affaire à des métalleux.

Ils le confirment d’ailleurs eux-mêmes dans l’une de leurs premières aventures, en répondant à l’interrogation de l’un des rastas qui viennent de les tabasser pour les empêcher de donner leur premier concert.Ce premier concert, c’est leur Graal, inaccessible, pour lequel ils se donnent à fond et surtout dans le désordre.

Composés d’un bassiste adipeux, un batteur nabot et un guitariste moyen dans tous les sens du terme, les Blattes parcourent villes et campagne dans leur combi déglingué (quand il ne tombe pas en panne où qu’ils n’en paument pas les clés) et sont prêts à tout pour jouer enfin devant un public, que ce soit dans un rade pourri, le métro… ou les catacombes. Ils auront même l’occasion de passer au Zénith. Mais à chaque fois, le sort leur est contraire. Une malchance que leur stupidité sait provoquer au besoin.
Maniant un humour féroce et décalé, avec un vrai sens de l’absurde « Les Blattes » renouvellent la BD comique et le genre « gros nez » en livrant une caricature de groupe de Rock amateur tout aussi avisée que réjouissante.

L’interview de Mo/Cdm, c’est par ici

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