The Band

Dessins et textes : MAWIL

Le foisonnement des premières fois, de celles, dérisoires ou fondatrices qui font qu’une jeunesse est un peu moins ordinaire qu’une autre, c’est tout cela que raconte Mawil à travers la chronique d’un groupe emblématique, produit de sa propre expérience (même si The Band n’est pas un récit purement autobiographique), depuis les premières notes jouées, plus ou moins, ensemble.
L’auteur s’attache à retranscrire ces moments qui jalonnent l’aventure d’un groupe débutant, une réalité qu’il a bien connue et qu’il décrit avec une bonne dose d’humour et d’autodérision, bien servi par un graphisme minimaliste mais très expressif.

Les répètes laborieuses et l’épreuve des premiers concerts, les changements de membres dans le groupe, le choix de son nom, complètement fortuit comme il se doit… toutes ces anecdotes qui agrémentent l’histoire d’un groupe amateur et dans lesquelles ceux qui ont connu cette expérience se reconnaîtront sûrement. Le récit de Mawil s’articule autour de ces séances de répétition où le groupe se cherche, apprend à jouer ensemble, met au point ses compos en calant breaks et embryons de solos, s’essaie tant bien que mal à l’écriture des paroles.

Le tout dans une joyeuse improvisation, jusqu’au jour où enfin, il peut déterminer la play-list du premier concert. C’est aussi au gré de ces répètes que se révèlent ceux qui n’arrivent pas à suivre la progression du groupe et qui devront fatalement en être écartés tandis que d’autres arriveront.
The Band présente sur ce point l’intérêt de mettre l’accent sur un paramètre fondamental pour un groupe de Rock : trouver un bon chanteur (une chanteuse en l’occurrence), c’est à dire pas nécessairement un ou une virtuose des cordes vocales mais quelqu’un qui sache chanter avec suffisamment de charisme pour donner aux chansons le relief et l’énergie que requiert cette musique.
L’auteur dépeint la dure réalité de l’apprentissage de la basse, les ampoules aux doigts, la technique musicale très approximative ou encore l’achat pas forcément très éclairé d’un nouvel instrument.

Dès l’introduction du livre, le ton est donné : on y voit le héros en train de s’escrimer sur une des grilles d’accords les plus célèbres, à laquelle des générations de débutants se sont frottés, celle de The House of the Rising Sun, plus connue en France dans la version interprétée par Johnny Halliday, « Les portes du pénitencier ». L’apprenti passe péniblement les trois premiers accords et se réjouit déjà de ce petit succès quand tombe le 4è accord, un accord de fa… en barré. Le barré, cette étape fatidique à laquelle restent bloqués tant d’ex-futurs guitare-héros. Un clin d’œil qu’apprécieront tous ceux qui sont passés par là.
Mawil relate ainsi avec humour et sensibilité une histoire simple et banale qui pourrait être celle de centaines de groupes à la carrière éphémère. Mais point de nostalgie dans cette chronique, si ce n’est celle qu’elle pourrait susciter chez le lecteur.

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