Les Closh

Dessins : BEN RADIS – Textes : DODO

Quand on évoque le Rock dans la bande dessinée en France, le nom de Frank Margerin est en général celui qui revient le plus souvent. Pourtant, les premières œuvres du papa de Lucien ne parlaient pas de Rock. Tandis que Dodo et Ben Radis ont quant à eux débuté immédiatement dans cette voie, dès le premier album des Closh.
L’allusion à The Clash, au sommet de leur art en 1980 quand leurs presque homonymes frenchies débutent dans Métal Hurlant, est évidente. Pourtant Les Closh ne font pas du Punk mais pratiquent le « Skouille », une variante du Ska, un autre genre musical, parent du reggae, très en vogue à l’époque, grâce à des groupes comme Madness ou The Specials.

Créé par Ben Radis au dessin et Dodo (une fille, ce qui est très rare à l’époque) au scénario, les premiers récits traitent exclusivement des aventures d’un groupe de Rock, formé en deux coups de cuillère à pot dans un troquet et complété par une chanteuse sexy à souhait, recrutée par petite annonce.
Le ton est donné d’entrée de jeu. Comique, parodique, foutraque et résolument Rock. La couverture de Paris skouille-t-il ? rend un hommage appuyé à la pochette de l’album « Wild Planet » des B-52’s, ce qui est déjà en soi un bon signe. Surtout, Les Closh ne sont pas qu’un groupe de fiction », ils ont réellement existé. Composé, outre les auteurs de la BD, de Vincent « Turquoiz » Chavagnac , Philippe Poirier, Didier de Seigle et Eric Faivre, ils commettent deux chansons, « Allo Mario » et « Balance ton slip », jouées sur les planches de Paris skouille-t-il ?, avec les paroles retranscrites en bas des pages et gravées sur un 45 tours souple, offert avec la première édition de l’album.
Avec un dessin dans le style Journal de Mickey pour faire de la BD adulte, Les Closh vont bousculer pas mal de tabous : Ca pulse, ça déconne, ça baise même (accessoirement, le guitariste est homo), ça se bastonne en concert… bref, c’est totalement rock’n roll et ça reflète bien l’atmosphère musicale du début des Eighties avec l’apogée du Punk et l’explosion de la New-Wave (le récit « Panique au Rainbow » notamment en donne un excellent aperçu).

Hormis le graphisme animalier qui va se bonifier au fil des récits, la patte comique est déjà là, servie par une narration dynamique et des dialogues accrocheurs qui seront la marque de fabrique des Closh.
Avec le temps, la thématique purement Rock va cependant s’estomper et l’on verra de moins en moins les Closh en train de jouer, jusqu’à l’arrêt de la série en 2003. Mais peu importe, Dodo et Ben Radis auront largement contribué à faire de Métal Hurlant LE magazine de BD Rock. C’est d’ailleurs le titre qu’ils donneront, dans l’album Rock around the Closh, à leur parodie, hommage à Goscinny et Uderzo, de la scène du bal, extraite de l’album Astérix et les Normands.

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